Sophie Adenot — De l’hélicoptère aux étoiles

Née en 1982 en France, Sophie Adenot appartient à cette génération d’explorateurs pour lesquels l’espace est l’aboutissement d’un long chemin fait de science, de maîtrise technique et d’engagement. Ingénieure, pilote d’hélicoptère, pilote d’essai, colonel de l’Armée de l’Air et de l’Espace puis astronaute de l’Agence spatiale européenne, elle est devenue en 2026 la deuxième Française à voyager dans l’espace, trente ans après Claudie Haigneré. (Agence Spatiale Européenne)

Très tôt attirée par l’aéronautique, elle étudie à l’ISAE-SUPAERO de Toulouse, où elle se spécialise en mécanique du vol aérospatial. Elle poursuit sa formation aux États-Unis, au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), et obtient en 2004 un master consacré aux facteurs humains dans les environnements aéronautiques et spatiaux. Son travail porte notamment sur l’adaptation du système vestibulaire à la gravité artificielle : déjà, l’espace se dessine à l’horizon. (Agence Spatiale Européenne)

Après une première expérience chez Airbus Helicopters, Sophie Adenot rejoint en 2005 l’Armée de l’Air. Elle devient pilote d’hélicoptère et participe notamment à des missions de recherche et sauvetage, puis de recherche et sauvetage au combat. Elle rejoint ensuite l’escadron chargé du transport des hautes autorités de l’État, où elle exerce comme commandant de bord puis chef de mission. (Agence Spatiale Européenne)

Mais elle veut aller plus loin dans la maîtrise du vol. En 2018, elle est diplômée de la célèbre Empire Test Pilots’ School de Boscombe Down, au Royaume-Uni. Elle devient ensuite pilote d’essai à la Direction générale de l’armement. Au cours de sa carrière aéronautique, elle accumule plus de 3 000 heures de vol sur plus de 22 types d’hélicoptères. Elle pratique également le parachutisme, le planeur et le pilotage d’avions légers. (Agence Spatiale Européenne)

En novembre 2022, une nouvelle frontière s’ouvre : Sophie Adenot est sélectionnée parmi la nouvelle promotion d’astronautes de l’Agence spatiale européenne. Elle commence sa formation fondamentale à Cologne en avril 2023 et reçoit officiellement sa certification d’astronaute le 22 avril 2024. À peine un mois plus tard, elle est affectée à une première mission de longue durée à bord de la Station spatiale internationale. (Agence Spatiale Européenne)

Cette mission reçoit un nom symbolique : εpsilon. Le 13 février 2026, Sophie Adenot décolle de Floride à bord du vaisseau Dragon Freedom de SpaceX avec les membres de Crew-12. Le lendemain, le vaisseau s’amarre à la Station spatiale internationale. Elle devient alors la deuxième Française dans l’espace et la première astronaute de sa promotion ESA, surnommée les « Hoppers », à accomplir une mission spatiale. (Agence Spatiale Européenne)

À bord de l’ISS, sa mission prévue pour environ neuf mois mêle expériences scientifiques, recherches médicales, observation de la Terre, maintenance de la Station et actions éducatives. Le 19 août 2026, elle franchit une nouvelle étape avec sa première sortie extravéhiculaire. (Agence Spatiale Européenne)

Le parcours de Sophie Adenot raconte finalement bien davantage qu’une conquête de l’espace. Il raconte une progression patiente : apprendre, voler, expérimenter, transmettre, puis repousser encore la frontière. Avec elle, l’exploration spatiale française poursuit une histoire commencée plusieurs générations auparavant. De la cabine d’un hélicoptère militaire à l’immensité silencieuse de l’orbite terrestre, Sophie Adenot incarne cette idée simple : les étoiles deviennent accessibles lorsque la compétence rencontre la volonté.

Mais le moment le plus spectaculaire de son parcours survient six mois plus tard.

Le 18 août 2026, Sophie Adenot franchit le sas de la Station spatiale internationale et s’engage dans le vide spatial aux côtés de l’astronaute américain Anil Menon.

C’est sa première EVA — Extra-Vehicular Activity.

Pendant 6 heures et 23 minutes, les deux astronautes travaillent à l’extérieur de l’ISS. Leur objectif principal consiste à retirer une antenne de communication Space-To-Ground défaillante, la SGANT-2. Des boulons et connecteurs récalcitrants compliquent cependant l’intervention et empêchent l’installation de l’antenne de remplacement initialement prévue.

À près de 400 kilomètres au-dessus de la Terre, Sophie Adenot travaille ainsi dans un environnement où il n’existe aucune marge pour l’improvisation. Chaque geste effectué dans la combinaison pressurisée résulte de centaines d’heures d’entraînement et du travail coordonné des équipes de la Station et des contrôleurs au sol.

L’événement entre immédiatement dans l’histoire : Sophie Adenot devient la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire dans l’espace.

Elle racontera ensuite combien elle avait aimé travailler dans le vide spatial, tout en insistant sur un aspect essentiel : derrière les deux astronautes visibles à l’extérieur de l’ISS se trouvent des centaines d’ingénieurs, techniciens et contrôleurs préparant chaque opération et chaque scénario de secours.